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De CasaPound Italia jusqu’à la mouvance identitaire lilloise

publié le 23 octobre 2018

Texte que nous avions publié initialement sur le site d’information Lundi Matin.

Comprendre la montée en puissance de l’extrême droite non institutionnelle en France et en Europe, rendre palpable les débats internes qui agitent la constellation de ces groupes, ses contradictions idéologiques, ses liens d’armes, affinitaires, idéologiques, sa porosité avec l’État et avec certains services de la police, et les liens avec l’extrême droite institutionnelle, nous semble primordial pour ne pas rejouer le scénario de l’antifascisme républicain. Rendre intelligible ses liens avec les institutions politiques et policières permet de ne pas les envisager seulement comme les héritiers du fascisme ou nazisme mais comme des nouveaux outils de l’État pour faire face aux enjeux politiques contemporains. En même temps, les considérer juste comme des instruments du pouvoir nous semblerait aussi passer à côté de la complexité de la situation. C’est dans ce cadre de travail que nous avons voulu dresser un portrait d’un groupe formalisé nationalement, le Bastion Social. Pour, dans un second temps, réduire la focale sur la situation lilloise et livrer une généalogie des différentes mouvances qui s’y sont implantées.

I. De CasaPound Italia au Bastion Social, itinéraire de la mouvance identitaire française en pleine refonte

La première partie de ce travail se concentre donc sur la naissance du Bastion Social dans le paysage français, et de son modèle d’inspiration, le mouvement CasaPound Italia. Ce texte, qui se veut factuel, dresse le portrait de la nouvelle vague identitaire qui se forme dans nos villes. Ce travail est aussi un appel à partager les expériences et les informations sur ces jeunes mouvements qui, dans certaines villes telle que Lyon ou Strasbourg, ont une présence importante.

CasaPound Italia

Avant d’être un mouvement politique à part entière, CasaPound Italia (CIP) s’est caractérisé par l’occupation et la réquisition d’un bâtiment dans l’un des quartiers de Rome durant l’hiver 2003.

Ce squat baptisé Casa Pound (du nom de l’artiste et poète Américain Ezra Pound qui fut rattaché entre autre au courant moderniste, et qui, durant la période Mussolinienne, chante les louanges de l’italie fasciste) se caractérise par ses revendications sociales autour de la question de la crise du logement qui sévit dans le pays.

Fort de cette expérience, l’Italie voit apparaître en son sein dans les années qui suivent un circuit national d’occupation dit « non-conforme » . L’utilisation de ce terme tend à se distancer de la pratique d’occupation (et donc de « squat ») des cercles d’extrême gauche italiens.
Assez rapidement, le mouvement se fraye une petite place dans le paysage médiatique italien par le biais d’interviews sur des grandes chaînes de télévision, qui s’intéressent principalement à sa vocation solidaire.
En 2008, le mouvement adopte l’appellation d’utilité sociale et prend donc la forme d’une association sans but lucratif.
Le CPI tend à se caractériser comme édifice d’une culture urbaine politisée, et organise une importante activité culturelle et artistique.

Agglomérant ainsi plus d’une dizaine de groupes de musiques identitaires, c’est Zetazeroalfa qui tient place comme étant le groupe de référence de CasaPound, dont l’un de ses musiciens, Gianluca Iannone, se trouve être l’un des fondateurs du mouvement.

Autour de la musique se structure des activités théâtrales avec la création de la troupe Teatro non conforme F. T. Marinetti, la mise à disposition d’une galerie d’art mais aussi d’un club de cinéma.

Ce dernier, Akira, se développe dans l’organisation de festivals de films.

CPI revendique aussi la création d’un courant artistique non-conformiste, le turbodynamisme. Une de leur performance notoire est d’avoir projeté sur des immeubles romains le portrait de Robert Brasillach, qui fut rédacteur en chef du journal collaborationniste et antisémite Je suis Partout pendant l’occupation et fut fusillé pendant l’Épuration.

Le CPI se revendique notamment des théories de Julius Evola, un aristocrate individualiste italien qui cherche à concilier les doctrines traditionnelles avec une action politique contre-revolutionnaire.

Sa force stratégique tend à dépasser et rompre une certaine logique de ghetto de l’extrême droite en développant un travail autour de la question sociale et en axant ses intérêts autour de la culture, de la solidarité, du sport et de la politique.

Il s’agit de « prendre d’assaut le présent »(comme l’affirme Gianluca Iannone), ici et maintenant, en tenant la rue par les différentes activités mises en place, dans une forme d’ambiance plus ou moins récréative, en mettant l’accent sur une dimension autant idéalisée de l’action qu’esthétique.

Au vue de sa réussite, il n’est pas étonnant de voir l’expérience fondatrice de CIP devenir une méthode inspirante pour les autres pays Européens, et principalement dans l’hexagone.

Mouvement d’Action Social

En France, c’est le Mouvement d’Action Social (MAS) qui s’expérimente à reprendre la méthode italienne. Dans un contexte où depuis l’attentat raté de 2002 visant J.Chirac par Unité Radicale (dissout dans la foulée par l’état) les groupuscules identitaires s’organisent et se recomposent sans grande vigueur, le MAS voit le jour dans la période 2007/2010 durant laquelle le FN connaît une large crise de confiance.
Alors proche des membres du GUD, le MAS se revendique comme luttant contre « La tyrannie de l’Avoir et le despotisme du Fric », le tout mixé à une écologie radicale, une logique décroissante et anti-système, allant jusqu’à se considérer comme néo-solidariste.
Que l’extrême droite tente de reprendre certains codes de l’extrême gauche n’est pas chose neuve en France. Déjà dans une période post-68 des tentatives similaires d’allier mouvance anarchiste et néo-nazie apparaissent, sans forcément obtenir de véritables résultats.
C’est de cette manière que s’est retrouvé dans certaines ZAD (Celles de NDDL et de Sivens entres autres) quelques membres du MAS.

Malgré un schéma calqué sur le modèle italien, le MAS peine à convaincre et à attirer, et gravite avec un nombre assez limité de membres. Il s’auto-dissout en 2016. Aujourd’hui, il n’en reste qu’une émission de radio « Méridien Zero » diffusé sur les ondes de la radio internationale de Casapound.

Bastion Social

C’est donc au tour du Bastion Social (BS) d’apparaître dans le paysage français en mai 2017. Il reprend la méthode Casapound, avec, comme premier fait d’arme, la réquisition d’un bâtiment dans le second arrondissement de Lyon. L’occupation se positionne elle aussi dans une lutte centrée autour de la question du logements et du nombre des habitats vides qui composent les villes, le tout dans une logique de « préférence nationale », c’est à dire que ces lieux d’accueil ne bénéficieront que pour les bons français, au détriment des personnes immigrées qui sont dépeintes comme « privilégiées ». Il faut comprendre, à travers l’appel lancé par le BS, que ce genre d’occupation tend à réparer ces injustices sociales envers les français dans un « monde moderne détruit par le capitalisme et l’ultra-individualisme. » Bien sur, entre l’image du sauveur de bonne volonté dont ils se dotent et les faits concrets, il ne reste que quelques bonnes photos d’illustration nourrissant les comptes Instagram. Car au final, ce squat d’accueil pro-français qui sera expulsé trois semaines après son ouverture, n’arrive pas à convaincre et à y faire venir la population désirée par ses tenanciers.

Mais qu’importe, le Bastion est lancé, et avec lui, c’est toute une identité visuelle nouvelle qui se crée autour d’ une forte utilisation des réseaux sociaux classiques et d’une organisation peu classique pour un groupuscule identitaire, renouvelant ainsi les codes de la communication.

Et c’est donc tout logiquement que leur premier local ouvre ses portes dans la ville lumière, avant de s’étendre plus tard dans 5 autres villes que sont Marseille, Aix en Provence, Strasbourg, Chambéry (avec le soutien du groupuscule fasciste Edelweiss-Savoie) et plus récemment à Clermont-Ferrand.

Pour ce qu’il en est du local lyonnais, il est financé en partie grâce aux trois boutiques que les identitaires tiennent dans la ville (un bar, un tatoo shop et une boutique de vêtements).

Le Bastion commence peu à peu à se structurer autour de différents satellites, tel que CICERO, une forme d’aide juridique et financière pour les membres du BS poursuivis en justice ou ATEPORAMOS « une association culturelle visant à la promotion et à la transmission de l’identité lyonnaise et européenne », qui vient à peine d’être inaugurée. Le BS va même jusqu’à tenir sa première université cet été en Bourgogne, avec une promotion du nom de l’ancien numéro 2 du Front National dans les années 80, François Duprat.

Le mouvement se structure rapidement et tisse son réseau autant à l’intérieur du pays qu’à l’extérieur. Les liens entre le BS et des membres d’Aube Dorée (Parti Grec d’extrême droite) ou de CPI s’affirment. Certains sont même invités officiellement pour les différents événements organisés dans les différents locaux disséminés dans l’hexagone.

La forme se veut nouvelle par un effort fait sur l’image. Mais sur le fond qu’en est-il vraiment ?

Entre deux distributions de bouffe et quelques photos de promo, le Bastion ne tend pas à négliger ses sorties en ville et ses provocations, à l’instar de ses grands frères, causant quelques poursuites judiciaires pour les membres et notamment pour son dirigeant. Car à l’origine du BS se tient Steven Bissuel, ancien membre actif du GUD Lyonnais.

Il fut chef de file du mouvement national jusqu’en septembre dernier, poste qu’il quitte pour des raisons personnelles avance-t-il mais qui s’avèrent être surtout judiciaires puisqu’il est condamné pour incitation à la haine raciale et inquiété pour une rixe dans un bar lyonnais il y a quelques mois de cela. Considéré comme un des gros cerveaux du mouvement, il laisse sa place à Valentin Linder, 24 ans, alors chef du local Strasbourgeois, l’Arcadia.

Depuis son ouverture en décembre 2017, ce local a invité à sa porte des personnalités tel que Gabriele Adinolfi (figure de l’extrême droite italienne, actif dans les années 70 et auteur d’un attentat dans la gare de Bologne causant la mort à 80 personnes), des membres actifs d’Aube Dorée, ou encore Marko Borisavoff, fasciste serbe notoire, partisan de l’épuration ethnique.

Capter les tenants de l’idéologie de CIP s’avère donc nécessaire à la compréhension du mouvement du Bastion Social, de son implantation dans les métropoles françaises, et de sa montée en puissance.

La question qui se pose donc est de savoir quel lien entretient exactement une mouvance comme le BS avec le reste des groupuscules d’extrême droite qui composent la nébuleuse française et européenne ?

II. Généalogie d’une mouvance identitaire lilloise

De la maison flamande à la frite-rit

1. Son origine

2007, c’est la date de création du ministère de l’immigration et de l’identité nationale par Sarkozy qui lancera quelques années plus tard le fameux débat sur l’identité nationale.

C’est aussi la naissance de la maison flamande à Lille (Vlaams Huis) [1]. Elle est créée par Claude Hermant et son groupe Terre Celtique. Parmi les personnalités qui l’inaugurent, on retrouve entre autres Fabrice Robert, le président du Bloc Identitaire, un parti politique fondé en 2002 après l’interdiction d’Unité Radicale, groupe dont un des membres avait essayé d’assassiner Jacques Chirac lors du défilé du 14 juillet 2002. Cet événement participe à la refondation des diverses formations d’extrême droite, que ce soit dans leur image ou leur discours.

2. L’identité culturelle

Cette « maison du peuple flamand » a comme premier principe l’affirmation de l’identité flamande, française et européenne, avec ses frontières, ses pratiques, et son histoire que les identitaires de la Vlaams Huis voudraient linéaire et étanche, se berçant ainsi de l’illusion de l’existence d’une culture flamande absolue et unique sur ce territoire. Au fil du temps, la maison flamande va réussir à réunir des personnes de milieux sociaux différents ayant en partage des codes vestimentaires, la déception de la politique institutionnelle, un certain goût pour les arts martiaux, une fascination idéale pour la Nature, un réinvestissement de rites religieux et une survalorisation d’une certaine vision de la culture flamande exclusive et excluante.

Ce mythe d’une culture flamande unique sur le territoire du Nord leur permet, notamment, de faire jouer un discours « antiraciste » dans lequel le racisme serait opposé à l’identité. Il ne s’agit pas – dans les discours officiels – de rejeter l’étranger, mais au contraire de réclamer son intégration sans faille à la culture flamande et française, à ses rites, ses coutumes, son histoire. À partir de là, ceux qui ne voudraient pas adopter cette culture seraient responsables de leurs choix, y compris si ces choix doivent entraîner des réactions de défense, voire d’agressivité à leur égard. Organiser une fête du cochon permet ainsi d’affirmer l’appartenance à une coutume culinaire, et sa conséquence sera d’en exclure les personnes qui ne mangent pas de porc, autrement dit celles qui auront décidé de ne pas s’intégrer dans la communauté. Mais ce n’est pas tant parce que les côtelettes galvanisent leur identité flamande que parce que les musulmans – entre autres – ne mangent pas de porc, qu’il devient si important d’organiser de grandes fêtes du cochon en pleine rue.

C’est donc un double mouvement qui s’opère : d’un côté l’identité va légitimer une politique, c’est-à-dire une manière d’accepter et de refuser qui en fait partie avec les moyens adéquats, et de l’autre, l’héritage politique des « identitaires » de la Vlaams Huis précède la notion d’identité et renvoie bien à une idéologie qui dépasse de loin le territoire flamand.

Si la défense des cultures française et flamande consiste à se gaver de welch, de carbonnade et de frites, le tout bien arrosé tantôt de bière, tantôt de vin, la maison flamande n’a pas peur de risquer l’anachronisme culinaire en mobilisant volontiers par ailleurs tout un imaginaire de l’époque médiévale lors des événements qu’elle organise. Le tir à l’arbalète – pour petits et grands – le dispute aux ateliers de broderie pour les meufs, mais il semblerait surtout que si l’imaginaire médiéval les inspire particulièrement, c’est qu’il évoque une autre époque : celle des croisades, référence obligée qui participe à nourrir le fameux « choc des civilisations » en vogue et à rendre la guerre contre l’étranger « envahisseur » désirable.

Ces identitaires vont également devenir un élément important dans la critique des repas halal proposés dans les cantines scolaires et dans d’autres événements à Lille et ailleurs. Au delà d’une religion qui ne correspondrait pas aux valeurs françaises, ils vont user du prétexte d’une critique du capitalisme, de la dénonciation des souffrances animales pendant les abattages industriels pour dénoncer la viande halal et par, extension, « l’islamisation de la société ».

3. Publicité

Au-delà de leur identité figée, ils usent de plusieurs méthodes de propagande, inédites pour certaines. La première d’entre elles est l’entraide sociale. Servir de la soupe au cochon aux plus démunis et aux sdf permet, comme ce qui a été dit avant, de différencier le français de l’étranger, une démarche résumée par leur fameux slogan : « Les nôtres avant les autres ». Leur pratique de la solidarité est donc un prétexte pour se faire bien voir par le public, tout en distillant leur discours de haine ou xénophobie contre l’étranger.

La seconde forme de propagande est celle qu’ils empruntent au mouvement social : la manifestation. Le 10 octobre 2009, ils vont même, par provocation, jusqu’à appeler à rejoindre une manifestation contre la répression de l’État où ils défileront avec leur banderole : « 0 % raciste, 100 % identité » loin de la manif d’origine. En 2012, ils défilent dans le centre ville de Lille en hommage à Jeanne Maillotte, personnage légendaire qui aurait su repousser des protestants voulant mettre Lille à feu à et à sang, symbole repris contre les « migrants envahisseurs ». Pour préparer certaines manifestations, ils organisent des formations au service d’ordre ainsi que des formations juridiques pour connaître ses droits pendant les manifestations. Ils rejoignent également parfois des formes de mobilisation plus classiques, telle que la défense d’un IUFM menacé de fermeture.

Le détournement et la confusion sont aussi un bon moyen pour eux de venir déjouer l’image classique de l’extrême droite, notamment en brouillant les catégories politiques classiques. Par exemple, s’affirmer antiraciste permet à la fois de faire un pied de nez un peu grotesque aux discours classiques antiracistes, et à la fois d’ajouter une catégorie sociologique, qui n’a aucune existence scientifique, le « racisme anti blanc ».

Enfin, la dernière forme de propagande notable est leur présence sur internet et l’importance qu’ils attachent à médiatiser et à faire parler d’eux à chaque événements auxquels ils sont liés, une façon commune à tous les groupes d’extrême droite actuels. D’ailleurs, ces groupes surinvestissent tellement internet et les réseaux sociaux, qu’il devient très difficile de savoir si le rapport de force qu’ils tentent de créer sur internet est réellement effectif dans les situations concrètes.

4. Puissance matérielle

La maison flamande gagne rapidement une aura à Lille ainsi que dans toute la région flamande. Il est compliqué de savoir si ces relations pré-existaient à la création de la maison flamande, mais, quoi qu’il en soit, cette dernière a réussi à s’insérer dans le milieu politique lillois et à créer une base matérielle assez conséquente. Les membres de la maison flamande vont ainsi organiser plusieurs camps d’entraînement, Ares, pour une formation martiale avec chants et veillées. D’autres maisons de l’identité vont également voir le jour : la maison de l’Artois à Auchel et la maison des ouvriers à Bruay la Buissière. Les identitaires ouvrent également un magasin de fringues, qui fait échouer en quelque sorte leur tentative de donner d’eux-mêmes une image édulcorée en retombant dans les codes habituels de l’extrême droite (signes nazis et croix celtiques). D’ailleurs, on pouvait trouver dans ce magasin la marque « Pride France », dont la devise était « fabriqué par les blancs, pour les blancs », et qui fut créée par un certain Tomasz Szkatulski dit Gamin, qui sera condamné à plusieurs reprises, notamment pour l’agression d’un sdf en 2008 ou pour avoir participé à l’attaque d’un bar gay en 2013. Tout laisse à croire que ce magasin était un bon moyen pour contribuer à assurer une pérennité financière aux différentes maisons de l’identité.

Par le biais de l’association Terre Celtique, ils possèdent aussi un terrain d’entraînement au paintball à Ennetieres-en-Weppe.

5. Front Populaire Solidariste

Le besoin de cohérence politique va alors se faire sentir par la création du Front Populaire Solidariste. Ces derniers revendiquent leur première réunion politique en 2012 dans la maison des ouvriers à Bruay. Cette structure politique, qui réunit les 3 maisons de l’identité, se place du point de vue de leur doctrine dans une perspective davantage nationale que régionale, dans la mesure où leur objectif est la défense de la nation française. Elle tentera notamment de sortir du Nord pour s’allier avec des groupes plus fédérés comme Lyon, Dijon, dans le Var ou encore à Nice sans grande réussite.

La doctrine solidariste vient ainsi s’imposer face à l’hypothèse de départ, l’identité régionale. Elle est amenée notamment grâce au rapprochement avec Serge Ayoub et 3e voie, groupe nationaliste révolutionnaire qui instaure les prémisses du solidarisme. Pour ceux-ci, il y a d’un côté le libéralisme, qui vient atomiser l’individu, et de l’autre, le communisme. Il s’agit pour eux de refuser ces deux choix afin de prendre ce qu’ils appellent la « 3e voie ». Cette dernière consiste en la dénonciation du mythe de l’individu qui se construit tout seul, et affirme plutôt que l’individu est redevable de la société pour ce qu’elle lui a donné. Par conséquent, chacun a une dette envers la société qui se matérialisera par l’impôt. La solidarité entre les hommes d’une même société créé donc une forme de droits et de devoirs. La solidarité n’est plus vue comme une valeur morale ou éthique mais forme ce qu’ils appelleront l’État social. Cette doctrine reprise pour le compte de l’extrême droite sert donc à appliquer un droit de solidarité afin de former une communauté étanche face au capitalisme destructeur et se rendre hostile à l’encontre de l’étranger qui pourrait venir altérer celle-ci.

Le groupe 3e voie et les Jeunesses Révolutionnaires Nationalistes créées par Serge Ayoub en 2012 ont été interdits, et leur local de Paris a été fermé, suite à l’assassinat de Clément Méric, militant antifasciste tué par un des membres de 3e voie.

Alors que ce dernier a l’air d’être un groupe fermé avec un style militaire, les membres du front populaire solidariste envisagent différemment leur engagement : ils organisent des meetings, s’essaient à la politique en envisageant un candidat à la mairie de Lomme ou en soutenant un candidat aux législatives. Par ailleurs, à leur apogée, ils arrivent à organiser une manifestation réunissant 800 personnes en rassemblant différents courants politiques et groupes d’extrême droite.

D’autre part, ils essaient de se rendre présents dans les villes du littoral afin de rendre la vie des migrants plus compliquée encore, notamment par des manifestations mais aussi des plaintes faites aux associations humanitaires.

En 2013, après une des manifestations organisées par la manif pour tous, plusieurs militants proches de la maison flamande, dont un JNR, attaquent des clients d’un bar gay dans le Vieux Lille.

Ainsi, malgré leur appel à l’abstention pour plusieurs élections, ainsi que la critique qu’ils font de l’électoralisme, ils ne négligent aucun levier pour prendre de l’ampleur : le terrain des luttes sociales, le terrain des élections, le terrain juridique et le terrain de la rue.

Et pourtant, malgré leur emprise locale et leur agitation politique, on se demande s’ils ont effectivement pris l’ampleur qu’ils revendiquent, et si ce ne sont pas toujours les 3 mêmes personnes derrière toutes ces organisations.

En 2012, la maison flamande se transforme en un simple bar appelé le Guet à Pintes, ce qui sonnera sa fermeture ou sa veille. On ne sait pas exactement ce qui a mis fin à ce lieu, mais une des hypothèses serait qu’il y ait eu des désaccords idéologiques entre Claude Hermant et Serge Ayoub, ou alors simplement des embrouilles de chefferie, notamment à cause de l’emprise que le Front Populaire Solidariste a pu avoir sur le projet initial.

6. La police

Au-delà du FPS, les relations que la maison flamande entretient avec l’extérieur sont assez hétéroclites, représentatives des différents courants politiques qui traversent celle-ci. Il y a d’une part les liens formels avec la Belgique, Nation, groupe nationaliste révolutionnaire, les différents groupes de skinhead et identitaires du Nord/Pas De Calais, groupes de musique néo-nazis et, d’autre part, les liens informels avec certains politiciens du FN, le Vlaams Beelang, parti indépendantiste flamand, mais aussi des cadres du commissariat de Lille, la BAC de Lille, et le chef de la police municipale de Lambersart Alain Decaillon.

D’ailleurs, alors que plusieurs personnes de la BAC de Lille ne cachent pas leur venue à la Vlaams Huis, une affaire [2] vient illustrer les porosités du commissariat de Lille avec la maison flamande. Le 23 mai 2009, une manifestation contre la répression d’État est organisé par des autonomes. Celle-ci se termine devant la Vlaams Huis. Malheureusement, une vingtaine de personnes est arrêtée. Alors que celles-ci sont encore en garde à vue, la maison flamande met en ligne une vidéo avec les noms, prénoms et adresses des gardés à vue. Plus encore, deux noms correspondent à des personnes arrêtées lors d’une précédente manifestation.

7. Claude Hermant

Une autre affaire judiciaire à portée nationale [3] arrive en 2015, quelques temps après les attentats : l’arrestation du chef la maison flamande, Claude Hermant, Aurore Joly, sa compagne, Antoine Denevi, chef de la section Nord/Pas De Calais de 3e voie,et Christophe Dubroeucq, proche de Claude Hermant. Tous sont inquiétés pour une affaire de trafic d’armes.

Dans cette affaire, Claude Hermant est intéressant à regarder, non pas comme un élément isolé du reste, mais comme un pivot central dans la redistribution des rôles entre la police et l’extrême droite.

Un des fils conducteurs du procès est sa très grande expérience dans le domaine des armes à feu. Son usage n’en est d’ailleurs jamais exclusivement politique ou militaire, mais mêle toujours les deux aspects. Par exemple, il aurait protégé des mines de diamants en Afrique pour un conglomérat italien sous traité par la DGSE, ou encore formé des services spéciaux de la police au Congo. En 1994, il prend une bonne place dans le Département Protection et Sécurité (DPS), le service d’ordre du FN. Au début des années 2000, il jette l’éponge, tout en balançant à la presse l’organisation matérielle au sein du DPS qui permettrait d’obtenir rapidement tous types d’armes. On ne sait jamais vraiment si tout ce qu’il avance est avéré, mais ce que tout cela montre, c’est la manière que Claude Hermant a déjà, à ce moment là, de se tenir à la lisière de la légalité.

Le procès de 2017 s’en trouve être une illustration encore plus probante, et marque peut-être le dépassement de certaines limites. En effet, Claude Hermant va travailler comme indic à la douane à la fin des années 2000, et ce notamment grâce à sa grande expérience des armes à feu. Il sera radié en 2012, soi-disant parce qu’il aurait mis en lumière un trafic de drogue au sein même de la douane. Un an après, grâce au douanier Sébastien Lemaire, qui est également prévenu dans le procès, il retrouve un travail au sein de la gendarmerie comme informateur, toujours pour ses compétences autour des armes à feu et du renseignement. Sa mission officielle n’impliquait aucunement de pouvoir enfreindre la loi comme peuvent le faire parfois les infiltrés, bien qu’Hermant affirme le contraire pour appuyer sa défense tout au long du procès.

Hermant est accusé d’avoir acheté des armes neutralisées (mais pas d’après les normes françaises), à un fournisseur en Belgique d’abord, puis à une société slovaque, pour les revendre ensuite à certains de ses contacts. La justice en a comptabilisé plus de quatre-cents. D’après Claude Hermant, il s’agissait d’une façon d’injecter des armes dans les réseaux du grand banditisme et les réseaux terroristes, pour ensuite pouvoir plus facilement les démanteler. La remilitarisation s’effectuait dans un bâtiment à Lomme, près de Lille, qu’Hermant utilisait par ailleurs comme salle de boxe pour entraîner les jeunes identitaires. L’entreprise [4] qu’il utilisait pour les justifications comptables des ventes des armes à feu vendait officiellement du matériel de paintball et de survivalisme.

Début 2014, un nouveau lieu est ouvert par Claude Hermant et Aurore Joly : une friterie (la Frite-Rit), située en plein centre ville dans la rue de la soif. Il s’avère que les chambres froides servent de dépôt pour le fameux trafic d’armes. Claude Hermant ne prend pas la peine de séparer ses affaires, son métier d’indicateur et son militantisme puisque les lieux, les usages, les structures administratives et politiques étaient tous liés les uns aux autres.

Parce qu’il sent le vent tourner ou pour des embrouilles financières, un des ses employés, Antoine Denevi, le dénonce à la PJ de Lille en avril 2014.

La friterie existe encore aujourd’hui. Aurore Joly, malgré sa condamnation, placée sous contrôle judiciaire, travaille toujours là bas. L’établissement s’appelle désormais Label patate.

Du côté de la gendarmerie, les fonctionnaires ne cessent de citer la loi, affirmant qu’ils ne pouvaient autoriser une telle entreprise à quelqu’un qui n’avait pas le statut d’infiltré. Pourtant, une journée après le début du procès, un jugement était rendu dans une autre affaire, permettant alors de condamner quatre personnes pour possession de soixante pistolets mitrailleurs, et tout cela grâce aux services rendus par Claude Hermant.

En janvier 2015, juste après les attentats de Paris, Claude Hermant reconnaîtra que les armes utilisées par Amedy Coulibali auraient transité par son réseau de trafic d’armes et qu’il les aura revendu à un certain Samir Ladjali, la personne qui fera le connecteur entre son réseau et les attentats de Paris.

Dans le procès, on apprend également que Claude Hermant entretenait une relation toute particulière avec Philippe Patisson. Ce dernier travaillait au renseignement et était connu des milieux politiques d’extrême gauche et d’extrême droite, avant d’être muté à la coordination des douanes belge et française. Claude Hermant déclare pendant son procès que la maison flamande était une façade pour réunir la frange radicale d’extrême droite afin de pouvoir plus facilement en surveiller les membres, et affirme même qu’il avait comme objectif de « dépolluer » cette dernière.

En bon opportuniste, Hermant sert d’un côté les services de renseignement sur la mouvance identitaire, et de l’autre côté galvanise toute cette mouvance, peu importe qu’il s’agisse là de ses intentions de départ. Il a su faire profiter celle-ci de son expérience des armes à feu et a développé tout un réseau matériel et de relations qui a permis l’expansion de cette dernière. Dans le même temps, son travail au renseignement a permis à l’État de mieux comprendre le phénomène de l’extrême droite dans lequel Hermant était impliqué, permettant ainsi à l’État de faire jouer certains leviers en sa faveur comme on a pu le voir dans le cas de Calais. D’ailleurs, il y a une perméabilité, que ça soit idéologique ou relationnelle, entre les sections les plus autonomes de la police, comme la BAC ou la BST, et les identitaires. En parallèle, ces derniers servent les intérêts des renseignements en leur permettant de saisir parfaitement l’état des forces de l’extrême droite et les rapports qu’ils entretiennent avec leurs ennemis.

8. Antoine Denevi

Un autre pivot important dans cette mouvance est Antoine Denevi. Il fait la connexion entre les trafics d’armes et l’organisation 3e voie de Serge Ayoub. Par ailleurs, il entretient pas mal de liens avec les hooligans de Lille au sein du groupe Losc Army.

Une autre affaire judiciaire [5] met en lumière certaines relations entre les groupes. En 2015, le White Wolves Klan , gang d’extrême droite de la Somme (qui pour le coup ne semble pas vouloir cacher leur idéologie) sont impliqués dans une tentative de meurtre d’un membre des Nationalistes Autonomes lors d’une soirée avec les JNR. Ce gang est en réalité un ré-agencement des mêmes personnes déjà impliquées dans d’autres organisations comme celles des JNR ou de 3e voie. On y retrouve entre autres Yohann Mutte, et Jérémie Mourain.

En juillet 2015, une enquête de la gendarmerie est ouverte liant trois membres de ce gang à l’assassinat et la noyade de cinq personnes dans la Deule (canal de Lille), sur la période 2010-2011. Parmi les victimes, on compte notamment Hervé Rybarczyk, chanteur du groupe de rock les Ashtones. La police conclut tout d’abord à des suicides et classe l’affaire sans suite. Par ailleurs, elle égare certains dossiers et dissimule les résultats de l’autopsie du corps d’Hervé qui révèle la présence de coups et de blessures. Des proches d’Hervé prennent en main le travail d’enquête de leur côté, mais voient leurs efforts entravés par certains policiers de la PJ. Ce n’est qu’en avril 2017 que la police a procédé à l’audition des principaux suspects. Ces derniers avouent alors que le musicien serait « tombé dans l’eau » après qu’ils l’aient gazé, alors même que la police avait fermé rapidement l’enquête sous prétexte qu’il n’y avait pas de preuves.

La Citadelle

1. Origine

Avant l’ouverture de la Citadelle, Génération Identitaire Flandre Artois Hainaut va se faire connaître notamment par « une tournée de sécurisation dans le métro ». Ils partent du principe que les institutions locales et policières ne sont pas capables de protéger les citoyens face à l’insécurité montante, et prétendent ainsi subvenir au déficit des pouvoirs publics. Cela leur permet d’être médiatisés en portant un discours de héros ordinaires, protecteurs des pauvres citoyens « face à la racaille ».

Le bar La Citadelle [6], situé dans le centre ville bourgeois de Lille, est ouvert par ce même groupe et inauguré le 24 septembre 2016. Son chef est Aurélien Verhassel, proche de Yohann Mutte. Plus jeune, il fréquente régulièrement la maison flamande ce qui lui confère une première formation politique.

Verhassel entreprend de refondre la mouvance identitaire depuis que la maison flamande, ainsi que son chef Claude Hermant, n’existent plus politiquement ni publiquement. Il remplit donc le vide qu’a laissé la dernière expérience identitaire et tente de repartir sur l’hypothèse précédente de la prévalence de l’identité culturelle.

Le bar n’a toutefois pas pignon sur rue. Pour y rentrer, il faut être adhérent de leur association et ... être blanc (environ 930 adhérents, et une vingtaine d’animateurs.)

2. Continuité avec la maison flamande

Il y a une continuité certaine, d’un point de vue culturel, idéologique ou en termes de pratiques, entre la maison flamande telle qu’elle existait avant le Front Populaire Solidariste et la Citadelle d’aujourd’hui. Là où sa structuration va changer, c’est que le lieu de la Citadelle s’organise dès sa création sur tout le territoire du Nord Pas de Calais, et est prise dans le réseau national de Génération Identitaire. Les liens avec la police sont moins clairs qu’avec la maison flamande, même si certains fonctionnaires de police continuent d’aller régulièrement dans ce bar.

3. Irrigation et rapport de force local

La Citadelle fait preuve d’un meilleur usage des médias, notamment en ce qui concerne les réseaux sociaux et internet, ainsi que des médias classiques. Verhassel se fait notamment interviewer par la BBC afin de permettre d’établir des passerelles avec l’Angleterre et trouver des complices outre-Manche dans leur politique anti-immigration.

Par ailleurs, elle arrivera à se rendre dans des milieux un peu plus classiques comme l’université, par le biais par exemple de groupes politiques comme l’UNI. Ou encore, elle appuie son organisation sur le soutien juridique aux militants identitaires, soit en lançant des campagnes financières ou en essayant d’avoir un pied dans le réseau des avocats.

Mais la Citadelle a aussi servi de prétexte à la préfecture pour interdire certaines manifestations d’accéder au centre ville. Ainsi, à chaque manifestation jugée sensible par la préfecture, cette dernière se permet sans plus de justifications de réactiver les arrêtés permettant l’interdiction des manifestations dans le centre ville. Ces arrêtés ont été motivés par deux notes blanches des renseignements et rendus efficients par l’état d’urgence.

Par sa simple présence, la Citadelle a permis à la préfecture de déployer tout un arsenal juridique et policier qui protège les quartiers riches de Lille lors des manifestations vindicatives.

4. Lien avec les droites institutionnelles

Génération Identitaire va puiser son hypothèse idéologique dans une tendance créée dans les années 80 au sein du FN par Bernard Antony. Cette dernière s’appelle l’AGRIF (Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l’identité française et chrétienne) et associe l’illusion d’une lutte contre le racisme et la promotion de l’identité chrétienne.

D’autre part, ils soutiennent régulièrement les campagnes électorales du FN, que ça soit pour les élections nationales ou municipales. Ils viennent même à certains moments apporter leur aide matérielle, et remplacent parfois le FNJ, la section jeunesse du FN, tout en gardant leur autonomie. Ils essayent par ailleurs d’avoir une influence sur les termes des débats de la politique classique (par exemple le racisme anti-blanc est employé par Jean-François Copé). Ils essayent ainsi d’introduire des idées et des pratiques au sein des partis plus institutionnels sans toutefois se laisser corrompre en restant sur leur terrain de luttes.

5. National et Européen

Enfin, leur capacité d’organisation à l’échelle nationale et européenne constitue un vrai changement d’avec les structures précédentes. Le cadre plus formel leur permet apparemment une meilleure fluidité dans l’organisation, même si les enjeux de pouvoir et de chapelle ont quand même lieu.

On a pu le voir avec leur organisation européenne Defend Europe, qui a notamment mené une action symbolique à la frontière franco-italienne sur le col de l’Échelle, un chemin fréquemment emprunté par des migrants. Les militants identitaires avaient déployé des banderoles et un filet en plastique pour matérialiser la frontière. Même, ils ont ramené des migrants à la police. En plus de vouloir « surveiller » la frontière, et empêcher physiquement la venue des migrants, ils ont loué deux hélicoptères et des drones pour avoir une vue aérienne de la frontière. L’opération témoigne par ailleurs de leurs capacités financières importantes puisqu’elle aurait coûté 30 000€.

Defend Europe est née avec l’affrètement d’un bateau, le C-Star, qui voulait empêcher les migrants de passer par la Méditerranée. Grâce à leur opération médiatique, les militants identitaires ont constitué un lobby important dans la politique anti-migration en Italie.

Plus récemment, ils ont envahi le siège de l’ONG SOS Méditerranée pour protester contre le bateau qui portait secours aux migrants traversant la Méditerranée.

Conclusion

De la maison flamande à la Citadelle, c’est une recomposition de la mouvance identitaire qui s’est opérée grâce à un ré-agencement des rôles et des chefs, et par un lissage méthodique de leur apparition. Alors que la maison flamande se structurait autour du personnage de Claude Hermant, figure connue des milieux politiques, policiers et de la grande délinquance dans le territoire du Nord, c’est Verhassel qui prend ensuite la tête de La Citadelle. Ce dernier a des relations moins contraignantes à assumer, un passé moins lourd et des rapports différents avec les services de l’État. Malgré le fait que Verhassel veuille se défaire absolument de l’héritage classique du bonehead, plein de haine raciste, ce dernier s’est pourtant fait rattraper dernièrement par la justice justement pour... une agression raciste. Serait-ce la dernière à entacher l’image de la Citadelle ?

Les grandes affaires liées à l’extrême droite ces dix dernières années rassemblent une myriade d’organisations différentes. Pourtant, à y regarder de plus près, on retrouve toujours les mêmes vingt personnes, qui se reconfigurent, créent de nouveaux groupes, passent d’une organisation à l’autre, etc. D’ailleurs, il est fréquent que la nouvelle organisation fraîchement créée annule ou contredise la stratégie de la précédente. Ce phénomène s’explique moins par la recherche de la meilleure option idéologique ou structurelle, que par une bataille incessante de chefferie et d’égos.

La seule option qui survit et qui, aujourd’hui, prend de l’ampleur est celle de l’identité culturelle, exprimée par la forme de Génération Identitaire ou celle du Bastion Social.

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