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Aimer ne pas aimer

publié le 18 décembre 2019

Malgré son décalage avec l’actualité brûlante, nous publions ce texte, avec beaucoup de retard, comme un début de dialogue à la proposition du boycott effectuée par Pacome Thiellement.

Pacôme Thiellement a écrit le 27 septembre 2019 un texte qui s’appelle "Après le temps du ciel jaune", interprété ensuite par un comédien en partenariat avec Le Média. Il entreprend de tisser un fil entre deux histoires qui se déroulent dans des époques et des lieux différents : celle de l’insurrection des Turbans Jaunes pendant la dynastie des Han en Chine en l’an 174 et celle qui a surgi l’an dernier en France, la révolte des Gilets Jaunes. Chacune de ces deux histoires comporte une fin tragique, marquée par la mise en place d’une répression d’envergure qui, en retour, vient révéler les failles du pouvoir. Saper la légitimité de la dynastie et entraîner sa chute pour celle des Turbans Jaunes. Rendre palpable la défiance généralisée envers les médias, représentants plus ou moins affichés du pouvoir macroniste pour celle des Gilets Jaunes.

Un des éléments intéressants de ce texte n’est pas la critique finalement assez entendue sur les liens entre média et pouvoir, mais l’observation pertinente d’une propension largement partagée à aimer ce qu’on déteste. Pacôme Thiellement prend l’exemple de la télévision avec l’incontournable chaîne BFMTV.
Il fait le constat que : "Les Français n’aiment pas BFM TV, ils aiment ne pas l’aimer." ou encore "Nous avons un plaisir fou à faire ce que nous n’aimons pas mais que nous aimons ne pas aimer. Et ainsi nous nous abandonnons à des passions tristes, nous nous attristons, nous nous abîmons, nous nous enténébrons."

PNL à fond / BFM aphone
Macron je te déteste de tout mon coeur

L’objectif du présent texte est de démêler la formule « aimer ne pas aimer », à travers les raisonnements rationalistes développés dans l’Éthique de Spinoza afin de proposer une critique de la résolution politique que Pacôme Thiellement essaye de déployer. Si nous n’amenons pas de contre-proposition pratique ici, émettre des hypothèses et tirer de leçons des expériences passées nous semble toujours crucial et important.

« Ils aiment ne pas l’aimer »

Il ne se passe pas un instant, dans la rue, à la maison, au travail ou sur les réseaux sociaux sans que nous glosions sur la dernière pépite de tel média associé à tel événement. Nous prenons un plaisir morbide à parler de la dernière abjection, qu’elle sorte d’un plateau télé ou d’un média qui met en scène une parole d’un représentant du pouvoir, d’un intellectuel en place ou d’un animateur télé en vogue.

Pacôme Thiellement en vient à remarquer que ce comportement produit « des passions tristes ». Ces passions sont formées par une contradiction apparente des termes d’amour et de haine que l’on aimerait rendre lisible en suivant les différentes définitions des affects de Spinoza.

Pour Spinoza, il existe deux passions fondamentales : la tristesse et la joie. On parle aussi d’affect, ou d’état d’âme. La passion est en même temps un sentiment ou une affection de l’esprit et un mouvement ou une affection du corps, au sens où elle entraîne un changement de puissance d’agir. On peut comprendre la passion comme le fait d’être passif, face à quelque chose qui ne peut s’expliquer clairement et distinctement. Elle est une image « confuse et mutilée » de ce qui nous arrive.

Prenons l’exemple d’une personne avec qui nous sommes amis : nous éprouvons un certain amour l’un envers l’autre, les puissances de chacun se composent entre elles et forment ce qu’on appelle une amitié. Notre ami vient nous contredire dans une discussion face à des inconnus ou des personnes que l’on ne tient pas pour amies. Il se produit à ce moment-là une tristesse dans notre être. Elle est d’autant plus tenace si nous imaginons cette scène comme une trahison ou une jalousie, notre ami partageant une certaine joie avec les autres. Cette passion est ce qu’on appelle une idée ou une image « confuse et mutilée » de la situation qui a engendré cette tristesse.

La joie est une passion qui augmente notre puissance d’agir tandis que la tristesse la diminue. Le désir est entraîné par ses deux sortes de passions. Spinoza le définit comme « l’appétit avec conscience de lui-même ». Le désir est déterminé par les affections de notre environnement, et il est en même temps un effort à persévérer dans notre être. La conscience n’est que le témoin d’un passage d’un niveau de puissance à un autre.

Malgré le fait que la passion joyeuse augmente notre puissance d’agir, elle se base encore sur une image confuse, et ne nous permet pas la maîtrise totale de cette puissance. Quand cette image ou idée, d’abord confuse, devient adéquate [1] à la nature de la chose affectant, alors nous ne parlons plus de passion, mais d’action. Ces affects actifs ne peuvent être que de la joie, nous ne parlons plus d’augmentation d’agir, mais de pleine possession de celle-ci. Nous sommes alors maîtres ou maîtresses de ce qui nous arrive.

Les médias viennent brouiller la causalité des choses représentées qui nous entourent et peuplent le monde. On pourrait les croire destinés à simplement obéir et défendre l’ordre établi. Mais ce serait là une simplification du pouvoir actuel à un pure pouvoir coercitif. Les journalistes, eux aussi, s’avèrent à pleins d’égards remplis d’images trompeuses et de passions.

Spinoza ne refonde pas une morale. Pour lui, ce qui est bon est ce qui augmente ou favorise la puissance d’agir, ce qui est mauvais est ce qui diminue ou empêche la puissance d’agir. Nous ne connaissons le bon et le mauvais que par le sentiment de joie et de tristesse qu’ils nous apportent. Ce qui est bon pour nous se compose avec nous, sa puissance et la nôtre s’additionnent. Ce qui est mauvais pour nous, nous décompose, et notre puissance en est amoindrie. Ce qui est mauvais pour moi peut être bon pour quelque chose ou quelqu’un d’autre :

« Je suis empoisonné. L’arsenic décompose mon rapport, d’accord, mais il compose son propre rapport avec les nouveaux rapports dans lesquels les parties de mon corps rentrent sous l’action de l’arsenic. » [2]

L’arsenic est mauvais pour moi mais bon pour lui-même. Il renforce sa constitution à notre contact.

Les deux affects principaux que sont la joie et la tristesse vont permettre à Spinoza de dérouler d’autres affects tels que l’amour, la haine, l’espoir, la sécurité, la crainte… L’amour pour Spinoza est la joie accompagnée de l’idée d’une cause extérieure et la haine, la tristesse accompagnée de l’idée d’une cause extérieure. Deleuze, grand lecteur de Spinoza, explique ces deux définitions en disant :

« et quand l’affect se retourne sur l’idée d’où il procède, la joie devient amour, et la tristesse, haine. » [3]

Par exemple, si j’éprouve de la joie en pensant à une personne, alors je me représente cette personne comme cause de ma joie, et par là j’aime cette personne.

À partir des deux affects d’amour et de haine, nous irons à la recherche des affections adéquates à la formule de Pacôme Thiellement .

Spinoza décrit ce qu’il se passe quand la haine survient :

« celui qui hait s’efforce d’éloigner et détruire l’objet de sa haine » [4]

Aimer ne pas aimer ne recouvre pas le fait de mettre à distance sa haine, mais justement de la garder au plus près de soi. Cette première définition de la haine ne nous aide pas encore à clarifier la formule de Pacôme. Dans la suite de sa définition de l’amour et de la haine, Spinoza poursuit en disant :

« Celui qui hait quelqu’un s’efforcera de lui faire du mal, à moins qu’il ne craigne de subir lui-même un mal plus grand par là même ; et inversement, celui qui aime quelqu’un s’efforcera, selon la même loi, de lui faire du bien ».

Cette fois-ci, cette définition nous rapproche de la compréhension de la formule « aimer ne pas aimer ». Il y a de la haine, mais elle vient s’habiller d’un amour, ou plus précisément d’une obligation d’amour. Et c’est en cela qu’on ne pourra pas faire du mal à notre objet de haine, par crainte d’un mal plus grand. Nous imaginons alors que ce mal plus grand viendrait diminuer plus considérablement notre puissance d’agir si nous obéissons à notre haine. Cette haine a donc une forme désirante et amoureuse de notre objet de malheur.

Nous continuons à devoir aimer ce que nous avons en haine. Quelle est cette nécessité ? Ce devoir, que l’on s’inflige à soi, serait dû à une crainte, celle d’avoir plus à perdre à ne plus du tout aimer, plutôt qu’à continuer à aimer ce qu’on n’aime pas.

Les médias seraient l’objet d’une certaine haine à laquelle nous sommes attachés par crainte. Cette morbidité à regarder la télé que nous évoquions, diminue la puissance d’agir. Mais nous ne comprenons pas l’impact que cela a sur nos émotions. Pourquoi cette morbidité est-elle attachante ? Elle nous rappelle la marche du monde avec sa nécessité d’hommes de pouvoir et d’histoires indignes. Le fait de les faire exister au travers des médias nous les matérialise plus directement, nous les rends palpables, représentables et nous rassure finalement. S’ils ne parlaient plus des objets de nos tristesses, il serait difficile de nous raccrocher à quoique ce soit, et à nous en faire une idée, même « confuse et mutilée ».

On arrive donc à trouver une correspondance entre la proposition de Pacôme Thiellement et la définition de la crainte par Spinoza :

« Au reste, ce sentiment qui dispose l’homme à ne pas vouloir ce qu’il veut, ou à vouloir ce qu’il ne veut pas, s’appelle l’Appréhension (Timor), qui par la suite n’est rien d’autre que la Crainte (metus), en tant qu’elle dispose l’homme à éviter par un mal moindre celui qu’il juge devoir se produire » [5]

Pour comprendre les dispositions dans lesquelles la crainte nous meut, Spinoza dit :

« Celui qui imagine la destruction de ce qu’il hait se réjouira » [6]

Imaginer que l’on détruit l’objet de sa haine nous provoque de la joie. Mais si nous craignons l’objet de notre haine, alors nous sommes obligés d’en rester uniquement à l’imagination ou au fantasme de sa disparition. Nous sommes dans la situation que Nietszche attribue à « l’homme du ressentiment », c’est-à-dire un homme dont « la véritable réaction, celle de l’action, est interdite et qui ne se dédommagent qu’au moyen d’une vengeance imaginaire » [7]. On pourrait d’ailleurs faire correspondre cette vengeance imaginaire avec tous les commentaires rageux sur les « réseaux sociaux ». On en trouve à travers des milliers d’insultes à propos d’une vidéo de BFM ou encore des éloges à propos d’une vidéo d’émeute. Cette dernière permet de nous identifier facilement aux protagonistes se battant contre la police et ainsi vient transférer notre action potentielle à une sphère cinématographique ou imaginative. Pire, les vidéos illustrant des violences policières dans le but de les dénoncer, à force de matraquage, viennent nourrir notre imagination, et nous provoque une frayeur. Ici, les images ne sont plus une source d’inspiration pour nous sortir d’une situation sans issue, mais elles viennent au contraire nous immobiliser.

Le fait d’imaginer la disparition de l’objet de notre haine nous provoque de la joie. Mais nous sommes obligés de nous nourrir de cette joie morbide, de cette destruction imaginaire, pour conserver une illusoire stabilité affective, pour compenser continuellement notre tristesse et ainsi persévérer dans cet état.

Pour Nietzsche, l’homme du ressentiment est celui qui s’inflige une douleur à lui-même, ne sachant pas agir, bloqué par la crainte du pouvoir. Mais ce geste d’autodestruction serait en fait inconsciemment une manière d’instiller un sentiment de culpabilité à ceux qui nous gouvernent, à ceux qui produisent l’information par exemple. Dans cette logique, ce mouvement de culpabilisation devrait suffire à résoudre le problème . Un exemple possible pour illustrer cette idée pourrait être l’usage important des réseaux sociaux comme manière partagée de montrer sa détresse et son impuissance. Il n’est pas sûr que le résultat soit toujours à la hauteur de ce que ça peut coûter à notre dignité.

Avant que le mouvement se fasse réprimer fortement, les Gilets Jaunes avaient réussi à se sortir de ces sentiments d’apathies et de torpeurs ambiants de la société, et à retrouver une certaine puissance d’agir. Le texte de Pacôme Thiellement indique que la séquence des Gilets Jaunes a permis a posteriori de faire éclater la légitimité des médias, preuve de la défiance provoquée notamment par l’usage des statistiques. Plus personne ne prend pour vrai ce qui est dit, et pourtant les audiences des médias n’en restent pas moins indemnes. Le pouvoir d’attraction des médias semble inexpugnable. La reconnaissance des médias comme cause d’une partie de nos malheurs ne va pas nous libérer de ceux-ci, mais bien renforcer cette crainte, celle d’un mal nécessaire face à un mal plus grand. Cette tristesse engendrée par la crainte nous tire vers la passivité en face d’un destin insurmontable et diminue donc notre puissance d’agir.

« Réussir à ne pas faire ce qu’on n’aime pas »

Pour sortir de cet état de crainte, Pacôme Thiellement préconise donc « de réussir à ne pas faire ce qu’on n’aime pas. » Il rejoint donc Spinoza quand il dit que la haine est mauvaise en soi [8], c’est-à-dire qu’elle diminue notre puissance d’agir.

Thiellement donne une sortie pratique de ce dérèglement affectif : « Cesser de faire ce qu’on ne veut pas. » Il suffirait d’ignorer ce qui nous provoque de la tristesse, de boycotter les médias, et ainsi les faire disparaître :

« Mais quand on les ignorera vraiment, quand on cessera même de savoir de qui on parle quand quelqu’un prononcera le nom de Finkielkraut ou de Angot, alors ils n’auront pas d’autre choix que de disparaître. Ils seront comme des spectres. »

Le geste de boycotter aurait donc comme conséquence d’ignorer et de faire disparaître l’objet de notre tristesse. Mais le boycott, paradoxalement, est une action de mise au premier plan de l’objet de notre détresse. Le boycott peut être vu comme une menace faite au pouvoir d’arriver à agglomérer une puissance pour le détruire. Mais la menace contient une demande, une prise en compte de notre détresse. On reste encore une fois coincés dans les mécanismes de la crainte, du ressentiment et de l’espoir.

Dans le récit autobiographique d’Ernst Von Salomon, les Réprouvés, on retrouve un même récit de la conséquence de ce geste que propose Pacôme Thiellement :

« Depuis longtemps déjà nous ne nous occupions plus de ce qui se passait officiellement, et nous faisions fi des soucis des élus et des électeurs. Les délibérations des parlements, les décrets des ministres, les conférences des puissances, malgré leur bruyant charivari, ne parvenaient pas à pénétrer jusqu’à nous. »

À ce moment, Ernst Von Salomon parle d’un état de fait, d’une conséquence de la puissance suffisamment importante de l’Organisation Consul - organisation informelle et clandestine allemande au sortir de la Grande Guerre - pour rendre possible une puissance concurrente à l’État et aux institutions et qui puisse les déstabiliser. D’ailleurs, le « depuis longtemps » illustre qu’il a fallu un certain chemin, collectif, politique, existentiel, pour en arriver là.

Demander aujourd’hui le boycott des médias n’a pas de sens vu que la puissance des Gilets Jaunes n’est plus effective. D’ailleurs, au moment de cette montée en puissance des GJ, personne ne pensait stratégiquement qu’il fallait appeler à un quelconque boycott. Il fallait juste poursuivre le combat dans la rue.

Le boycott, s’il marche, c’est-à-dire s’il fait disparaître ce qu’on a en haine, n’est pas l’augmentation d’une puissance d’agir, mais la preuve de celle-ci. Elle en est que la conséquence et non la source. C’est un état de fait, plus que le bon geste à faire pour faire naître une situation partageable collectivement.
Mais le boycott ne se suffit pas à lui-même et doit s’accompagner, pour Thiellement, d’une positivité. Il ajoute donc qu’il faut « Apprendre à faire ce qui nous rend heureux ». Cet ajout est séduisant, en ce qu’il semble être affilié à un double mouvement : négatif, le boycott, et positif, la recherche du bonheur, nier ces passions tristes pour en faire sortir des passions joyeuses. Mais cet ajout nous semble trompeur dans le sens où il nous situe toujours dans une injonction à nier, ou même à faire diversion de notre malheur. Cela pose la question du désengagement réel des rapports qui nous lient aux médias et de leur impact sur le monde. Est-ce que la décomposition de notre puissance que les médias opèrent peut être stoppée en obéissant à la prescription de « faire ce que l’on aime faire ». Et d’ailleurs, est-ce que faire sans les médias individuellement n’est-il pas une manière d’être toujours avec eux ? Cela interroge notre liberté de faire ce que bon nous semble. Pour Spinoza, la liberté ne rime pas avec l’illusoire « libre arbitre ». Elle est synonyme de compréhension de la composition et de la décomposition de mon corps avec les corps environnants et donc du monde qui nous entoure, mais elle n’est pas une prescription à nier ou plutôt à faire semblant de nier ce qui nous rend malheureux.

Alors comment est-il possible de dépasser autrement cette situation de paralysie ? Pour continuer dans le déroulé de la définition de la crainte, Spinoza précise qu’elle est liée à ce qu’il appelle l’Espoir :

« Qui, au contraire, est dans la Crainte, c’est-à-dire dans le doute au sujet de l’issue d’une chose qu’il hait, imagine aussi quelque chose qui exclut l’existence d’un événement ; et ainsi (Prop. 20) il est joyeux et, en cela, a donc l’Espoir que l’événement ne soit pas. » [9]

L’espoir nous laisse dans la passivité. Cette attente est celle d’un espoir de changement de comportement de celui que l’on a en haine par exemple. Mais il se situe encore dans l’espace imaginaire et nous bloque dans le ressentiment, comme décrit plus haut.

Mais si nous savons qu’il n’y a plus rien à attendre, ce que d’ailleurs les Gilets Jaunes ont prouvé en se mettant en mouvement, c’est qu’il n’y a plus d’espoir. La crainte moins l’espoir, Spinoza appelle cela le désespoir. Sans cet espoir, nous sommes à ce moment empreints d’une certitude, celle que l’issue ne viendra pas par ceux qu’on déteste :

« Le désespoir est la tristesse qui naît de l’idée d’une chose future ou passée au sujet de laquelle il n’y a plus de raison de douter » (XIV, IIII)

La certitude pour Spinoza nous procure de la joie, et donc augmente notre puissance d’agir. Paradoxalement, c’est en allant vers cette certitude, et donc en ayant un affect de désespoir que l’on retrouve le goût de l’agir et de se battre. On retrouve ce paradoxe d’apparence dans le slogan d’Extinction Rebellion : « Quand l’espoir meurt, l’action commence ».

La séquence des Gilets Jaunes semble justement être une bonne illustration de ce moment de désespoir. Ce moment, où les gens se retrouvent autour des ronds-points, prennent la rue et attaquent les symboles du capitalisme, est une composition de puissances, et d’augmentation de puissance d’agir pour chacun et chacune. Cette puissance réunie, propre et singulière, c’est ce qu’on a appelé les Gilets Jaunes.

[1Une cause adéquate est une cause dont la connaissance suffit à connaître clairement et distinctement son effet.

[3Spinoza, philosophie pratique, Gilles Deleuze, p.71

[4L’Ethique, Spinoza, Démonstration de la proposition 39 de la partie III

[5L’Ethique, Spinoza, Scolie de la proposition 39 de la partie III

[6L’Ethique, Spinoza, proposition 20 de la partie III

[7Généalogie de la morale, Nietzsche

[8L’Ethique, Spinoza, Proposition XLV, Partie III

[9lL’Ethique, Spinoza, Explication de la définition des Affects 13, Partie III

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